La fibule est à la fois un objet fonctionnel et un bijou. Son épingle traverse l’étoffe tandis que son anneau ou sa plaque la maintient en place. Dans de nombreuses parures féminines amazighes, deux fibules fixent le vêtement au niveau des épaules et sont reliées par une chaîne pectorale, parfois complétée par une pendeloque centrale. Il existe aussi des fibules portées seules ou intégrées à d’autres compositions.
Plusieurs noms selon les régions
Il n’existe pas un nom unique dans toutes les variantes de l’amazighe. On rencontre notamment tazerzit ou tizerzaï, ainsi que tiseghnest dans d’autres régions. En arabe marocain, les appellations khallala et bzima sont également employées. Ces mots peuvent désigner des formes proches, mais leurs usages varient selon les territoires et les communautés.
Formes et régions
La grande fibule triangulaire associée au Sud marocain, notamment à la région de Tiznit, est aujourd’hui l’une des formes les plus reconnaissables. Elle n’est pourtant pas la seule. Les collections muséales montrent aussi des fibules circulaires, piriformes ou composées de multiples éléments, rattachées au Moyen Atlas, au Rif et à d’autres régions. Le décor peut associer gravure, filigrane, émail cloisonné, nielle, verre coloré, corail ou imitations de corail.
L’argent et la parure pectorale
L’argent occupe une place majeure dans les parures amazighes historiques conservées dans les musées. Des monnaies marocaines ou étrangères pouvaient être suspendues aux chaînes et aux ornements, ajoutant du mouvement, du son et une valeur transportable à l’ensemble. La matière seule ne suffit toutefois pas à attribuer une fibule à une région ou à une époque.
Attribuer une pièce ancienne avec prudence
L’usure, les reprises de soudure, les irrégularités du métal ou la patine peuvent être compatibles avec une fabrication ancienne, mais aucun de ces indices ne prouve à lui seul l’âge ou l’origine d’une pièce. Les formes ont circulé, été réparées et parfois reproduites. Une attribution sérieuse croise la construction, les techniques, les matériaux, les comparaisons documentées et, lorsque c’est possible, la provenance.
Les objets anciens, d’art ou de curiosité reconnus comme tels relèvent par ailleurs d’un régime de marquage particulier. L’absence d’un poinçon de garantie courant ne permet donc ni d’authentifier ni de dater une fibule.